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Confessions d’expérience professionnelle au goût d’amertume ou argent « vite » gagné août 17, 2006

Classé dans : Actualité — karolinchen84 @ 9:24
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Mcdo
Je ne sais plus quoi en penser… y en a qui pense que bosser au mc do c’est de l’argent gagné facilement. Personnellement, je ne suis pas du tout du même avis. Indécis et pas motivé pour écrire des lettres de motivation je me suis tout simplement présenté au mcdo de la gare, en me disant a coup sûr je suis prise, car y a du monde qui le fréquente et qu’ils ont besoin d’effectif. Effectivement, je suis prise cache pour bosser sur une base de 400 euros le mois, pour faire qq heures le week-end. Pas mal le boulot d’été, histoire de s’occuper entre les exams en mai et la reprise des cours en octobre (j’en suis sur y en a qui glandent depuis le mois de mai alors que y en a qui dure labour). Bon, on commence par 8 heures étalées sur un week-end pour apprendre comment faire des hamburgers, 8 heures dure à avaler sachant qu’on n’est pas payé. (Règle n°1 de l’exploitation de l’homme). Ensuite, on te fait encore payer les godasses anti-glissement pas très chic à 20 euro la paire… (gna gna gna), à la cuisine ça hurle : un royal TS, un big mac, y a plus de cheese ! Et ça sonne de partt, entre la friteuse qui bip et le toaster du big mac qui t’assourdis et qu’on te fais remarquer « mais tu entends pas que ca bizz ? » non désolé, ce bruit me plait tellement que je me prend un plaisir inouïe et sadique à l’écouter c’est pourquoi je ne le coupe pas histoire de vous en faire profiter aussi de ce bonheur acoustique. Ca y’est j’ai battu mon record, j’arrive à faire mes 8 cheeseburgers en a peine 1 min… et je maîtrise tt les différents burgers, mais de temps à autre je dois réfléchir si dans le royal TS on y met des oignions ou pas, ma faiblesse en matière de concentration me suit encore. De temps a autres, l’assistant cadrant l’équipe demande d’aller ramasser les détritus mcdo sur la voie public avec « l’attrape déchet » et le sac poubelle. Avec nos super « déguisements », lol nos uniformes (polo rouge vif avec un grand M blanc sur le côté, et le pantalon couleur marine qui a un sacré finition : un M cousu sur la poche gauche de derrière et sur le côté de droite y orne une courbe faisant penser à un cœur, *message subliminaux, sachant que le client nous voient de dos qd on se sert dans le distributeur de boisson, il matte sûrement nos fesses qui dit implicitement « j’aime le mcdo »*et sur le bouton pour fermer le fût est agrémenté d’un M) pour motiver l’esprit de culture d’entreprise on se balade devant le mcdo et sur le quai du tram on vide les poubelles rempli de « nos emballages ». Il parait que c’est un accord fait avec la ville le week-end, mais à part moi personne ne l’a jamais fait depuis. Et de tt façon la ville est nettoyée tous les jours, j’ai demandé à un mec en gilet orange un dimanche matin. Je m’en doute pas qu’elle paye une redevance, mais c’est pas la faute du mc do si nos jeunes ne sont pas discipliné et de tt façon la poubelle semble si loin quand on a ingurgité plein de voldka red bull et de pressions. Mais aussi, peut-être la ville devrait se remettre en cause, quand elle voit ce qu’une personne fait a elle-même comme pollution ménagère, ils devront installer des poubelles plus grandes, c trop rikiki leur truc orange, on y met 3 boites big mac et il est déjà a ras le bord. Et même la fente est trop petite pour y mettre carrément le sachet de déchets d’un menu entier. Moi je suis pour l’indexation de la poubelle publique à la taille de notre consommation en matière d’ordures ménagères! Donc si en 2006, on produit plus de déchet par hab., qu’on augmentera la capacité de la benne orange !! Et nous on aura la paix.

2 ème règle de l’exploitation humaine : Rendre la tarification des salaires ainsi que la réussite dans l’échelle de la hiérarchie opaque et obscure. En juillet, ma « chefin » me propose de bosser en temps partiel pour gagner plus de sous. Enfaîte, elle avait pas assez d’effectif entre les congés et les démissions (un ancien collège de travail nous a rendu visite, il travail maintenant comme chef de magasin d’une compagnie de téléphone portable après une conversation approfondi il m’avoue qu’ici y a pas de perspective de carrière, il a essayé tout les démarches : il était voué a travailler dans la cuisine en poste de nuit.) Je saute sur l’occasion pensant travailler la semaine afin de libérer mon week-end et gagner une belle somme. Fehlanzeige. Mon emploi du temps ressemble a ceux qui y travaille en temps plein. En gros, je fais du 40 heures la semaine (en Allemagne y a pas les 35h ni le SMIC… qu’on est précaire chez nous ?!). Un jour un client français me dit, c’est chouette le mcdo il est moins chère en Allemagne. Je lui ai répond que c’est normal on gagne en dessus du SMIC. Il a baissé son regard a pris penaud son plateau et il est parti ruminer son burger 50 ct moins chère en écoutant pour un court instant de la radio qui n’est seulement qu’un stream qui tourne en boucle. La cerise sur le gâteau c’est quand j’ai due faire toute une semaine en poste de nuit. On sert les gens jusqu’à 6h du mat pour fermer une heure pour le nettoyage et on ouvre de nvx. Bonjour le facteur de stress. Déjà facteur de stress a midi c’est 60% mais poste de nuit c’est 95 % assuré. Les gens reviennent de boite, ont faim, sont bourrés, puent de la gueule, puent la clope, te hurlent à la tronche avec une odeur fade de bière qu’ils veulent un big mac. Te hurlent à la tête car ils s’impatientent. Te hurle à la tronche car à 6h du matin on leur annonce qu’ ils peuvent que acheter ce qui reste et te font remarquer que ça fait 10 min qu’ils attends pour rien acheter car le mec devant lui avait faim a décider d’acheter tout les burgers restant. Qu’on entend les français qui ricanent bêtement en pensant que il n’y a personne pour les entendre. Que la chefin perd son sang froid et hésite pas a faire une crise d’hystérie car elle est dépassé par les jeunes gens en quête d’amusement, qui ont faim car ils se sont défoulés sur une piste de danse, qui ont encore assez d’adrénaline a carburer encore pendant des heures. Il fait se tôt, le soleil se lève, la sécurité vire les qq paumés qui sont affalés sur les tables, les qq français qui attendent au chaud leur 1er tram. En moins d’une heure, on doit avoir nettoyé tt la maison. On doit laver table, tablettes, chariots à tablettes. Mettre chaise sur table, passer le balai et passer la serpillière et y repasser pour sécher le sol. Et si la chefin est d’humeur sadique elle nous demande de décharger 20 litres d’eau et de frotter avec le balai-brosse et ensuite avec le râteau caoutchouteux de ramener l’eau dans un caniveau dans le derrière du resto. En – d’une heure on nous demande aussi de nettoyer les WC’s. Avant on fait les pari quel sexe à été le plus dégueux de cette nuit blanche ? Je préfère encore m’autocensurer sur cet détail, car quand j’y repense ça me fait remonter de bulles d’acides gastriques. Je tiens juste à préciser, que ça soit filles ou garçons les deux sont crados. Je repasse le visage des diverses clients que j’ai servi le soir même, pourtant le portrait robot que je viens de dresser des personnes qui on « malmenés » les lieux publiques du petit coin ne se calquent pas sur ses visages des filles et des garçons de cette nuit. Certes mon portrait robot serait un stéréotype d’une personne mal brossé, à forte odeur corporelle et mal fringué, pourtant moi j’en ai pas vu ce soir là, moi j’ai que vu des gens qui font culte a leur corps, célébrant leur beauté superficielle, une véritable parade et de mascarade dans une file d’attente.
J’attends ma récompense financière d’avoir survécu à tout cette semaine en folie du aux nuits chaudes et longues. J’ouvre l’enveloppe mon visage se décompose. Sur 64 heures travaillées en poste de nuit, il n’y a que 26 qui sont décompté. Je me dis c’est une erreur. Je vais demander des explications, et on m’explique que le tarif de nuit ne s’applique que le week-end. En moi, je bouillonne. Je sais pas quoi y penser, ma culture française me dit « et c’est écrit ou ça, y a t-il une convention, un syndicat ? Peut on révolutionner tout ça ? » On se sent impliqué d’un coup alors que le CPE a fait ni froid ni chaud, de vouloir remettre de l’ordre dans cette injustice. Puis de l’autre côté, c’est la passivité allemande qui me dit « oh de tt façon, les allemands c’est pas des grévistes et apparemment tout le monde s’enfiche ici, si tu vx pas bosser a ses tarifs la, y a bien un autre qui te remplacera. Et puis, on se déculpabilise en se disant que dans d’autres pays c’est beaucoup plus précaire.

La précarisation fait le bonheur de la mondialisation.

Spécialisons nous dans les lois étrangères. Je me spécialise dans le « abeitszeitgesetzt » aussi charabiestique que le droit français tout court. On cherche la petite bête ou fière je pourrais branler ma feuille que j’aurais imprimé avec le ABG § pour montrer qu’ils ébranlent le droit du travail à mon supérieur hiérarchique. Trouver la faille où tout le monde ferme les yeux dans cette boutique, rétablir le juste honoraire pour le travail fournit qu’il soit miséreux ou glandeur (parsqu’on a soit disant des responsabilité se permettant de déléguer le boulot a droit et a gauche en encaissant les fleurs du p’tit nègre). Redistribuer les trop larges marges de bénéfices, au lieu de les partager jalousement avec les actionnaires. Sans les petits nègres ils ne sont rien. Néant.
Je me plaignais a mon père pendant mon BTS que je voulais pas exercer le métier de secrétaire qu’on a embellie en « assistante de direction », je voulais pas être la cruche du supérieur en embelli « le bras droit du patron ». Peut-être suis-je trop ambitieuse, peut-être y en a qui se contente de leur situation, peut-être y en a qui s’ennuie profondément en attendant que ça leur tombe du ciel. Il m’explique qu’il y a toujours un con pour faire le « sale boulot » on passe toujours et tous par–la. (Il faut écouter les anciens qui ont fait de -presque- belles carrières qui ont acquis de l’expérience, oui ceux qu’on met en retraite sans qu’ils puissent transmettre leur savoir-faire). Personnellement, j’en déduis, que c’est la loi du plus fort. Rationalisons les choses sur l’échelle animale, celui de l’existence, la vie de la souris préserve la vie de la chouette, bref la chaîne alimentaire. L’homme qui dispose d’une conscience, d’une intelligence ; mais celui-ci n’est certainement pas encore à la hauteur pour annihiler ce comportement primitif et si naturelle si bien qu’elle est encré dans les gènes. Vivons meilleurs… “L’homme ne vit qu’une vie, la sauterelle ne vit qu’un automne” (proverbe chinois)[je ne décolle plus de mon sujet ; Pauvre Laure, elle a bossé en France au mcdo cet été a Strasbourg. Finalement elle a démissionné 3 semaines en temps plein plus tard après son accident de travail – le manageur en fermant une porte y aurait coincé son doigt- elle a presque rien perçu car elle était en période d’essaye d’un mois. Elle a gagné en 3 semaines ce que moi je gagne en un weekend. Ca craint !!
Liens sur la précartié du mc do:


http://forums.france5.fr/arretsurimages/Lateleaujourlejour/Le-mechant-CIC-gentil-McDo-sujet-1882-1.htm
http://citoyenfr.lautre.net/article.php3?id_article=45
http://forum.hardware.fr/hardwarefr/Discussions/Besoin-aide-pour-demission-MacDo-sujet-47391-1.htm
http://www.wildcat-www.de/zirkular/62/z62mcdon.htm

 

2 Responses to “Confessions d’expérience professionnelle au goût d’amertume ou argent « vite » gagné”

  1. nico Says:

    bienvenue dans le monde professionnel!et t’es pas au bout de tes surprises.
    ps :l’homme est capable de réfrener ce que tu appelles une pulsion animale mais il n’en a tout simplement pas l’envie.Le faible n’est pas celui qui se contente de son petit boulot mais bien celui qui jure ne rien pouvoir y changer sans avoir jamais essayé!a bon entendeur…

  2. ViP Says:

    dur dur le monde du travail…
    j’ai pratiqué le travail en usine (et les 2 x 8 h). C’est pê mieux payé mais t’es bien exploité aussi…
    et là aussi, les gens sont résignés…
    Surtout ne perds jamais ta capacité à t’indigner sinon…

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